Interview d’un plongeur-démineur

Xavier Monbaillard, second maître plongeur-démineur au groupement de Cherbourg

Pourquoi êtes-vous devenu plongeur-démineur ?

C’est une vocation. Depuis tout gamin je suis passionné par la plongée et le déminage. Je me suis toujours dit que c’était un métier utile. Une fois que l’on a neutralisé une munition, on se dit qu’elle ne pourra plus blesser personne. Et puis il y a tout l’aspect technique de l’intervention. On commence par une phase d’identification de l’engin. Puis on étudie son environnement. Ensuite on passe à la phase de déminage selon des procédures bien précises. Récemment nous sommes par exemple intervenus sur une mine antichar allemande datant de la seconde guerre mondiale. Loin d’être altérée, elle était parfaitement intacte. Située à côté d’une école de voile, nous avons dû la déplacer avant de la contre-miner, c’est-à-dire de la faire exploser. Nous ne sommes jamais confrontés deux fois à la même situation.

Comment voyez-vous l’avenir de votre métier ?

Nous ne sommes pas prêts d’être au chômage. Au rythme actuel, nous estimons à un ou deux siècles le temps qu’il nous faudra pour entièrement déminer le territoire français ! En outre, nous partons régulièrement à l’étranger pour neutraliser les mines qui ont été oubliées sur le terrain après un conflit. Et nous sommes souvent confrontés alors à des explosifs artisanaux fabriqués par des insurgés et qui exigent une prise en charge bien particulière. C’est d’ailleurs là tout l’intérêt de notre métier : il faut constamment se former et s’entraîner, car les engins explosifs évoluent sans cesse. Entre les mines des deux guerres mondiales et celles déployées aujourd’hui sur les théâtres de guerre, il y a un monde…

 

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